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J-Opinion : Sauvons la République (par Aboubacar Sidiki Kaba)

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Le vrai problème, celui qui est le nôtre, c’est que l’on n’est plus à égalité. Les injures, les rumeurs, les mises en cause sont partout sur les réseaux sociaux. C’est ce que Louis Pauwels appelait « la communauté réduite au caquet ». Face à ça, le responsable, qu’il soit économique, politique, syndical ou autre, ne joue pas à armes égales, parce qu’il est obligé, lui, de maîtriser constamment son langage, pour des raisons de statut, de conviction, ou d’exemplarité. Il est dépourvu de capacité de réaction, et ne peut en aucun cas se mettre au même niveau que ceux qui le brocardent, ou pire l’insultent… 

Mais en même temps, la violence, elle n’est pas plus importante aujourd’hui qu’il y a 61 ans. Elle a même été, à certaines époque de l’histoire des peuples, infiniment plus grande.  

Les politiques, ne sont pas simplement ceux qui tendent à gouverner, mais ils sont aussi ceux qui modèlent nos comportements.

Aujourd’hui plus qu’hier, Les Guinéens ressentent de plus en plus douloureusement le mépris dont ils sont l’objet de la part de dirigeants qui s’attirent, en retour, la rupture de confiance des citoyens. L’abus de la communication, de la diversion tactique et de la compassion commémorative provoque un mélange détonant de lassitude et de colère.

Le bateau Guinée dérive sans visibilité entre les récifs, selon les vents de l’opinion et des sondages. La discorde règne à bord. La tempête se déchaîne par la folie, tandis que la détresse économique et financière des affaires guinéennes ne cesse de croître et de détruire les défenses immunitaires de la nation.

Il n’est plus possible de laisser gérer le pays au fil de l’eau par des dirigeants de partis sectaires, obnubilés par l’exclusivité de leur élection, à l’opposé des intérêts de la Guinée. Nous devons retrouver la voie d’une civilisation guinéenne, d’un ordre républicain et du patriotisme national.

En effet, l’ennemi de la République de Guinée ce sont les guinéens eux-mêmes. 

Honte à  ces guinéens qui hypothèquent l’avenir de notre génération, cadres dirigeants ou simples citoyens qui aiment moissonner là où ils n’ont pas semé, se glorifier de ce qu’ils n’ont pas construit.

Pourquoi les meilleurs cerveaux guinéens ne se mettent jamais en adéquation avec les défis de l’époque ?

L’état malheureux de la Guinée aujourd’hui est exactement celui que les guinéens eux-mêmes ont voulu. Le jour où ils voudront une Guinée bien meilleure que celle que nous avons aujourd’hui, ils l’auront. 

Dans la vie, il semble que les ennemis sont plus nombreux que les amis. La différence c’est que les amis apparaissent au grand jour, tandis que les ennemis, un ou deux seulement peuvent se manifester. Mais attention : un seul ennemi qui se manifeste peut être la partie visible de l’iceberg, des millions d’autres agissent dans l’ombre. La Guinée a ainsi des ennemis diurnes et nocturnes; et parmi eux, ses propres fils.

Là où les autres s’unissent et font bloc, les politiques guinéens sont toujours divisés et par ricochet, entrainent les peuples dans cette division en exploitant leur crédulité et leur superstition . C’est comme si dans notre pays tout est fait pour nous diviser. La gestion, les élections, l’argent, … tout nous divise. Même nos noms portent toujours à division : Malinké, peulh,, soussou, kissia, kpèlè, Baga, Loma, Manon, Peul, Djakanké, … Ce sont des identités qui expriment l’exclusion.

C’est pourquoi le développement harmonieux stagne encore dans les discours politiques et dans l’imaginaire du peuple. Le jour où notre République dépassera définitivement ses identités communautaires et s’extrait des calculs politiques et électoralistes, c’est alors qu’elle sera prête à décoller.

Aboubacar Sidiki Kaba
Sociologue

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