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J-Opinion : Le système, l’autre fâcheux virus ! (Par Raphael Sandouno)

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S’il y a des micro-organismes qui peuvent fortement ébranler la vie de l’homme, c’est bien les virus. Les virus sont dangereux et néfastes. Ils peuvent être responsables d’âpres et d’inouïs désordres pouvant détruire les cellules, altérer les tissus, induire des relations complexes avec le système immunitaire au point de le détraquer littéralement et conduire à la mort.

Aux termes des études qui les concernent depuis leur découverte jusqu’à date, les scientifiques, (virologues notamment), ne les classifient généralement qu’en deux catégories : Ceux qui possèdent un Acide désoxyribonucléique, et ceux qui possèdent un Acide Ribonucléique, telle que La covid-19 qui sévit actuellement un peu partout dans le monde et dont les effets gigantesques et apocalyptiques mettent très bien en évidence leur puissance ravageuse.

Cependant, Cette catégorisation sus mentionnée, qui est l’ouvre-porte de notre réflexion, semble de notre point de vue insuffisante. Puisque nous avons aussi découvert, non pas au travers des microscopes de laboratoire, mais des yeux de chair et d’esprit, l’existence fracassante d’une autre catégorie de virus aussi dévastatrice que celles citées . Mais cette dernière, à part le fait d’être déplorable, est surtout vieille et tueuse à petit feu. Nous l’avons identifié sous l’appellation « le système ».

Qu’est-ce-que le système ?
Qu’a-t-il donc de particulier ? Et Que faut-il pour le vaincre ?

Nature et Portrait

À la différence des autres virus, le système n’est pas une entité biologique. Il est visible à l’œil nu et sévit beaucoup plus dans les pays dits du sud, notamment ceux d’Afrique.
C’est une collection de pratiques, un mode de pensée, une doctrine, instauré par un ensemble de personnes : commis de l’Etat, hauts placés, responsables politiques ; sans état d’âme et sans vergogne, au travers duquel ils émiettent à plate couture la mission qui leur est assignée : Celle d’œuvrer pour l’instauration d’un développement durable profitable à l’ensemble du peuple.

Ces personnes en effet forment à elles seules une descendance aux multiples générations, dont celle actuelle est la dernière. Pour la petite histoire, c’est au lendemain des premières heures de souveraineté, au moment où la boussole des nouveaux États devrait avoir une seule et unique orientation : Celle du salut économique et social , qu’elles ont commencé à apparaître au grand jour.

En effet, en tant que nouvelles autorités, elles dissiperont toutes les attentes du peuple en adoptant une malencontreuse ligne de conduite tout au long de leurs règnes.

Défiant jusque-là le temps, Cette dite ligne de conduite aura le mérite d’être la loi et non l’interdit, au travers d’un ancrage qu’elles ont su fonder par toutes sortes de stratagèmes. Laissant ainsi le bas peuple à la dure épreuve du port du fardeau de la mauvaise gouvernance. Laquelle, il faut le dire, est leur marque de fabrique.

Elles en sont d’ailleurs les seules détentrices des clés de son art et de sa manie : Elles exploitent à souhait et à leur bénéfice les ressources publiques, monopolisent et abusent du pouvoir en s’accaparant de tous les privilèges et instruments dûs à cet effet, et foulent aux pieds toute éthique et sens de délicatesse.

Et Si hier l’on pensait qu’elles semblaient avoir touché le fond, c’était sans vraiment les connaître. Elles sont de nos jours encore plus féroces : Elles ont accru leur force de frappe et leur capacité de résilience. De plus, elles phagocytent les esprits (éclairés), vouent à la sclérose, et nuisent à toute évolution.

Et d’une manière sans précédent, le bas peuple paie les frais de leur épuration en croupissant dans le désarroi : Il ne parvient pas à manger à sa faim. Il pense manger en quantité plutôt qu’en qualité. La famine, la sous alimentation, la mal nutrition devenant ainsi son quotidien. Il ne bénéficie pas de soins sanitaires adéquats. Pas d’hôpitaux. Ceux qui y sont ne sont pas à sa portée. Il git dans un chômage massif et vit constamment asphyxié. La survie est ce à quoi il destine ses efforts journaliers. Cave à humiliation, vallée personnifiée de larmes, il est, à la vitesse d’une fusée, distancé du progrès. De loin, il n’épouse pas son époque…bref il est exécrablement sous l’étau de la misère. Et pour parler comme Smith, son présent n’a pas d’avenir. Il apparaît donc clairement que le système est une véritable machine d’amertume.

Une machine qui a élevé la jeunesse au rang de sa victime préférée. Cette dernière, il l’étouffe dans l’œuf, brise ses rêves, la dépouille de toute ambition et de toute capacité à devenir des adultes et des parents responsables, l’arme d’ignorance et la destine à être lamentablement à sa solde, étant entendu que son fusil d’épaule ne manque pas de cartouches. Lequel fusil peut être compris comme les tourments suivants auxquels nous donnerons chronologiquement une succincte explication : impunité (politique et législateur), corruption, sabordage du mérite et de l’excellence , népotisme .

1- L’impunité : Par définition, c’est le manque de sanctions. À ce niveau, nous découvrons de manière ébouriffante que les vautours peuvent commettre à volonté toutes sortes de monstruosités sans être inquiétés. Aucune convocation, ni interpellation ne viendra troubler leur sommeil. La justice pour eux , n’est pas celle que nous connaissons : Incarnatrice du juste, du bien et du bon. Mais plutôt leurs humeurs et leurs désidératas. Ils peuvent quand et comme ils veulent enfoncer le clou des douleurs de n’importe quelle victime, allant parfois même jusqu’à précipiter sa mort.

2- Corruption : L’enrichissement illicite est une folle course à laquelle le système s’est adonné de manière énergique et ne compte en aucun cas renoncer. Il dévalise les infimes biens du peuple en exigeant le payement de montants faramineux pour des semblants de service aux valeurs ajoutées nulles. Renflouant ainsi ses caisses destinées à des fins mornes et pernicieuses. Telles que : l’organisation ça et là des agapes dignes des romains, l’achat abusé de somptueuses villas hautement coûteuses dans les pays les plus huppés du nord, vaquer aux loisirs à plein temps alors que rien de sérieux ne s’établit, investir en tant qu’actionnaire dans des firmes occidentales dont ils bénéficieront très peu ou parfois même jamais des retombées économiques.

3- Sabordage du mérite et de l’excellence : Le système ne reconnait, n’approuve, ni n’accepte le mérite et l’excellence. Ils sont sa bête noire. En raison de ses considérations infondées (narcissisme), il combat et musèle les grands esprits en leur créant un environnement hostile et dégradé. Pis, il a fait de la promotion effrénée de la médiocrité son cheval de bataille : Il catapulte à des postes de responsabilité des personnes dépourvues de toutes qualité morale et intellectuelle du fait de sa proximité avec elles, quitte à servir lamentablement de soubassement à l’expression : relation vaut mieux que diplômes.

4- Népotisme : Les potentats n’ont pas limité à eux seuls l’œuvre assassine. Ils ont aussi fait appel à leur progéniture pour assurer la relève cauchemardesque, parents et autres proches pour les aider à mener à bien la tragédie. Ainsi, du père au fils, de la mère à la fille, de l’oncle au neveu, du cousin à la cousine, tous, au commandement de bord de l’appareil chaotique.

Au regard donc de ce décor, nous pouvons conclure sans l’ombre d’un doute que l’inqualifiable degré de pâleur du système n’est plus à démontrer.
Cependant, malgré cette réalité ubuesque, il n’est pas une fatalité : Il peut être vaincu. Sauf que son éradication n’est pas un plat de gala.

Moyens de lutte

Existe-t-il un remède efficace contre cet autre virus ?

À cette question, nous répondrons avec force par l’affirmative comme mentionné ci haut. Cependant, il importe de noter que c’est le seul virus dont les victimes semblent ne pas vouloir éradiquer malgré extrême dangerosité. Cela peut paraître étonnant ou choquant, mais c’est un constat avéré.

En effet, sur fond de résignation, elles lui laissent le champ libre en écartant l’idée de mettre à profit le résidu d’énergie qui est encore en elles. D’après leur logique, elles sont à un niveau d’affaiblissement tel qu’elles ne peuvent être auteures d’aucune action. Pourtant, ce résidu d’énergie dont dispose chacune d’elles est un véritable rempart contre le système. Le savent-elles ? Bien-sûr que non ! Puisque même ceux qui prétendent le savoir n’ont jusque-là fait que fausse route, préférant faire cavalier seul, et l’utilisant à mauvais escient.

Cependant, quoi qu’il en soit, il suffit juste qu’elles coordonnent ces différentes énergies, sortent de la passivité en formant une unité d’action pour enfin vaincre le système. Mais c’est là que la rose flétrie : Aucune d’elles ne veut s’inscrire dans cette dynamique.
Et cet état de fait qui est regrettable conforte davantage le système, et l’approche jour après jour du qualificatif éternel.

D’où disons-nous la nécessité impérieuse d’une prise de conscience : Une prise de conscience collective, doublée d’abnégation, emprunteuse de la voie de la rationalité que le docteur Kevin DESSINGA définit comme la capacité de comprendre, de faire et de vouloir les choses avec la tête et non seulement avec les pieds, les mains, les oreilles et le cœur.
Puisque c’est seulement celle-ci qui permettra aux victimes, d’abord de réaliser la gravité de la situation dans laquelle elles se trouvent, ensuite d’instaurer en elles la volonté réelle d’y sortir pour de bon.
Et cela au travers de la transformation de leur mentalité du contentement en celle du changement. Chaque victime réalisera alors que pour sortir de l’ornière, l’effort et l’apport de tous s’imposent.

La rupture avec les émanations de la léthargie sera ainsi déclenchée : le non sens des egos, de la haine, de l’incrédulité sur fond de luttes intestines à relent ethnique, tribal ou religieux sera connue et désavouée par tous, et La mutualisation des efforts sera érigée en une véritable devise de vie.
Nous assisterons à la naissance d’une union sacrée où l amour du prochain, du travail, des causes nobles, des principes moraux et de citoyenneté prendra forme…bref, les caractères du changement seront épousées par l’ensemble dés victimes.

De ce fait, elles passeront de victimes à peuple, et de peuple à peuple mature, prêt, qui se sera imprégné de tous les canons du développement. Et ce nouveau statut se confirmera notamment dans les urnes. : Vu que l’élection est le mode de désignation des gouvernants, le désormais peuple n’acceptera de confier les rênes de l’État qu’au leader au projet de société pertinent. Il opérera son choix non pas sur des considérations singulières ou infondées, mais sur des valeurs saines, républicaines. Autrement dit, il n’accordera sa voix qu’ à un leader éclairé, bâtisseur, qui, en raison de leurs bien fondés dont nous parlerons particulièrement et chronologiquement, aura dans son agenda de manière laborieuse les priorités suivantes : instauration de l’État de droit, l’éducation, la sécurité alimentaire, la santé, l’eau et l’électricité, la sécurité sociale.

1- Instauration de l’État de Droit : l’Etat de droit est une condition sine qua non du développement. « Il comporte cinq principes essentiels :

  • La légalité
  • La sécurité juridique
  • La prévention de l’abus de pouvoir
  • L’égalité devant la loi et la non-discrimination
  • L’accès à la justice . »

Il permettra l’édiction d’une législation limpide, harmonieuse et équilibrée et favorisera et facilitera la création pour tous des conditions de vie meilleures et décentes. Il faut préciser que l’absence d’ État de droit asphyxie la paix et l’évolution.

2- Éducation : « C’est l’alpha et l’oméga du processus de développement. »
« le développement humain et durable passe nécessairement par la qualité de l’éducation. ». Celle-ci permettra de forger davantage des citoyens aux consciences nobles et républicaines, dignes de ce siècle, au travers de la création des infrastructures éducatives adéquates, l’enseignement des programmes conformes aux valeurs culturelles et sociales, aux enjeux techniques et scientifiques de l’heure.
Sécurité alimentaire : Elle est d’une importance cruciale. C’est « La possibilité matérielle et économique pour chacun, d’acheter, de se procurer ou de consommer en tout temps suffisamment de nourriture pour mener une vie saine et active. »
Elle passe par l’adoption au niveau étatique de politiques agricoles modernes, intégrées qui mettent en valeur l’ensemble des terres arables, accompagnent les paysans, maintiennent la productivité à un niveau suffisant et favorisent une efficace économie agraire. Le tout étant lié à un certain nombre de mesures augmentatrices du pouvoir d’achat de la population.
C’est donc de cette manière que la faim, la malnutrition, la famine pourront être de lointains souvenirs.
3- Santé : La mise en valeur de ce secteur évitera au peuple d’être harasser par toutes sortes de maladies, et lui permettra de bénéficier d’un mieux-être. Cela, à travers la formation du personnel soignant, la construction d’infrastructures suffisamment équipées, La prise en charge sanitaire, l’adoption de politiques préventives, curatives efficaces et dynamiques.

4- Eau et Energie : voilà deux secteurs clés du développement . « L’accès à l’eau et à l’énergie est vital non seulement pour atteindre les objectifs en matière de santé et
d’éducation, mais également, libérer le potentiel économique et créer des emploi. »
Il offre des possibilités aux femmes, aux jeunes, et aux enfants, tant en milieu
urbain que rural.

5- Sécurité sociale : Elle permet au peuple de ne pas tomber sous le coup des risques
sociaux. Par définition, « c’est la protection que la société accorde à ses membres,
par un ensemble de dispositions publiques contre la misère économique et sociale les menace en cas d’arrêt ou de réduction importante de leurs gains pour cause de
maladie, de maternité, d’accident de travail, de chômage, de vieillesse ou de décès ;
la fourniture des soins médicaux ; l’octroi d’allocations aux familles ayant des
enfants. » Elle est donc un moyen fort efficace de luttes contres les inégalités
sociales.
Cela dit, ce leader une fois en fonction, lancera avec son équipe et en arrière plan le soutien et la clairvoyance du peuple, le vrai chantier du progrès.
Nous aurons donc au final, d’un côté des dirigeants responsables, dignes de nom, et de l’autre un peuple véritable, animé d’une vision forte et éclairée.
Ainsi, un État valeureux et raisonnable, où la pauvreté et la misère n’auront pas de places aura émergé du plus profond des sentiers battus.

Somme toute, l’on retiendra que seul un changement de mentalité au travers de la prise de conscience permettra de réduire à néant le virus ‘’système’’ qui obstrue terriblement le passage du renouveau et du progrès.

Mais à quand cette prise de conscience ? Est-ce le jour où le soleil rencontrera la lune ? Ou lorsque la terre cessera de produire de la verdure ?
Les questions restent posées. Nous disons cependant que vivement l’effectivité d’un déclic au sein de l’ensemble des victimes pour que disparaisse à jamais le trou noir qui absorbe l’énergie de la matière.

Par Raphaël Sandouno / Étudiant

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